Que s'est-il passé ces dernières semaines sur le marché de l'immobilier ?

Il est difficile de généraliser les conséquences précises de la crise du Covid-19 sur le marché immobilier. Une chose est sûre, tous les actifs ne sont pas logés à la même enseigne. Sans surprise, l'hôtellerie et les commerces sont les segments les plus en difficulté. Les loyers sont annulés ou décalés dans le temps et l'on doit malheureusement s'attendre à des faillites chez certains locataires. Tout cela pose dès à présent des problèmes de vacance et de baisse de loyer. De son côté, l'immobilier de bureaux s'en sort mieux pour l'instant. Les loyers sont maintenus mais leur valorisation pourrait baisser si le rebond économique tardait et que le télétravail devenait la norme. Enfin du côté des gagnants, le logement et surtout la logistique tirent clairement leur épingle du jeu. Le résidentiel reste stable quant à la logistique, elle bénéficie du e-commerce et de la livraison à domicile dont la pénétration s'est accrue avec la crise.

Dans ce contexte, comment avez-vous adapté votre stratégie de gestion à cette période ?

La gestion de la crise n'a pas été la même pour tous en Europe. Certains pays ont connu le confinement, d'autres non. Pendant cette période, on a essayé de rendre notre portefeuille plus défensif et d'avoir plus de visibilité sur les cash-flows futurs. En conséquence, on a allégé dans la baisse les perdants (Unibail, Pandox) pour renforcer les gagnants (Segro, Argan, Sagax...). Mais on a également pris des profits dans les foncières de santé (Aedifica, Orpea) et ajusté l'exposition géographique du fonds : en augmentant les investissements dans les pays du Nord (Scandinavie, Allemagne...) au détriment des pays du Sud (Espagne, France) dont la sortie de crise semble plus compliquée.

Quelles sont les perspectives actuelles du marché de l'immobilier et quelles sont les conséquences pour le fonds CM-CIC Pierre ?

L'immobilier coté se traite actuellement avec une décote de 20% par rapport à son ANR ce qui laisse un potentiel d'appréciation certain dans un contexte où les taux devraient rester bas. De plus, il y aura vraisemblablement un avant et un après dans la lecture faite du marché immobilier. Avec la crise et l'absence de loyers pour certaines foncières, les différences entre les pays et les segments de l'immobilier se sont accentuées. C'est ce qui fait la richesse de l'immobilier et crée des opportunités. C'est d'autant plus vrai pour le fonds CM-CIC Pierre qui, grâce à la liquidité des marchés, peut s'adapter pour arbitrer et sélectionner les valeurs dont les actifs représentent le plus gros potentiel d'appréciation en Europe.

Achevé de rédiger le 17/06/2020