Le stock picking n'est pas une option

L'évolution récente des marchés actions, mesurée sur l'évolution des grandes valeurs de la Zone euro, nous a montré 3 phases : le choc de -38% en 1 mois du 19 Février au 18 Mars, une première reprise de +20% en deux mois à la mi-mai, puis un nouveau rallye de presque 20% à aujourd'hui.

Doit-on considérer que l'on est encore à -10% depuis le début d'année ou que l'on a déjà progressé de +45% depuis le 18 Mars ?

La troisième phase est liée à la période de déconfinement, soulagement quasi mondialisé, qui bénéficie en plus de l'accumulation des plans et stimulus sans précédents qui se sont succédés en complément des politiques monétaires déjà très conciliantes et pro croissance des banques centrales. Les effets se mesurent sur les indicateurs économiques avancés du mois de mai qui rebondissent et dans les baisses de taux ainsi que le tassement de la volatilité. La pandémie s'estompe lorsque depuis le 18 mai les banques européennes progressent de 20% laissant les valeurs pharmaceutiques à -1%. Les valeurs les plus cycliques rebondissent aussi. Pourtant les gérants qui sollicitent avec intensité les managements des sociétés en portefeuille nous confirment que rares sont ceux qui s'engagent encore à faire des prévisions... Le sentiment de marché répond logiquement à la perfusion massive administrée, dont l'action instantanée n'a pas à être mise en doute.

Sans minimiser les risques de nids de poule sur le chemin de la sortie de crise, les valorisations des sociétés cotées reposent sur « l'après », au-delà de 2020.

Quelle croissance normalisée après la convalescence ?

Accepter la charge de l'excès de dette accumulé pour sauver des vies et l'économie passe par des conditions qui profilent les équilibres futurs, en tentant de réconcilier le consommateur exigeant et le citoyen concerné : plus de local, moins de dépendance globale (industrie du médicament), plus de vert (prime allemande uniquement sur voitures électriques), respect des parties prenantes... autant d'éléments qui devraient peser sur les coûts de production, ralentir la croissance globale, peut être générer de l'inflation, mais surtout différencier fortement les sociétés entre elles.

La sélection des gros potentiels passe par l'ajout de critères à nos sélections de titres actuelles qui sont ancrées dans la création de valeur (rentabilité des capitaux employés supérieure au coût du capital) et la qualité (croissance, produits, stratégie, management...). Les gérants actions complètent leurs investigations en pondérant les notions d'équilibre entre les parties prenantes, d'environnement, d'absence de controverses, pour citer quelques éléments qui pérennisent la croissance des sociétés. Cette exigence supplémentaire s'appuie sur l'analyse extra financière spécialisée qui collecte des masses d'informations colossales retraitées quantitativement et qualitativement. Des éléments remarquablement défavorables peuvent impacter la prime de risque, modifier les perspectives de valorisation ou entrainer des exclusions.

La crise sanitaire, menace ultime, a entrainé des réactions politiques au-delà de ce qui était connu et a donc ouvert dès aujourd'hui la notion d'avant et d'après.

Pour dépasser le positionnement opportuniste inhérent à toute crise, la clarté des objectifs des gestions actions thématiques, critères et stratégies simples, permet de positionner nos porteurs dans la perspective d'un investissement actions raisonné dans une ère de croissance modérée. Pour les équipes de gestion actions la sélection des titres repose sur leur potentiel intrinsèque.

Les fonds thématiques de nos gammes actions ont offert dans plus de 80% des cas des performances supérieures à l'univers des plus grandes valeurs de la Zone euro depuis le début d'année.

Achevé de rédiger le 10/06/2020