La période récente a renforcé notre volonté de compréhension de la biodiversité et des écosystèmes ainsi que leur importance pour la qualité de vie de chacun.

De nouvelles orientations, réglementations, technologies et comportements ont permis depuis les Accords de Paris sur la transition climatique de progresser dans la préservation de la biodiversité. Cependant, les écosystèmes continuent de se dégrader et la qualité de vie(soit la sécurité alimentaire, l'énergie, la santé et les médicaments d'origine organique, le bien-être)dans leur sillage. On estime que la population mondiale a déjà altéré 75% de l'environnement terrestre et 66% des milieux marins. À titre d'exemple : de 1980 à 2000, 100 millions d'hectares d'expansion agricole ont été produits sous les tropiques, dont la moitié aux dépens de forêts naturelles.Rappelons que la superficie forestière mondiale représente aujourd'hui 68% des niveaux préindustriels.

La transition climatique joue clairement un rôle aggravant sur la biodiversité et selon certains chercheurs si, à l'avenir, nous voyons des espèces se déplacer dans des zones de population humaine, nous pourrions voir de nouvelles possibilités d'évolution de pandémie.


Source : IPBES - The global report on biodiversity and ecosystem services, 2019.

Et pourtant, la perte de la biodiversité et des écosystèmes a reçu moins d'attention que d'autres aspects de la durabilité, et notamment ceux liés au changement climatique.

Ainsi, il est intéressant d'étudier comment les entreprises intègrent les risques portant sur la biodiversité dans leur stratégie, mais également dans leur communication. Une analyse 2019 de l'Alliance for Corporate Transparency des rapports extra-financiers de 1 000 entreprises rapporte que :

  • Le caractère non universel des indicateurs clés de performance pousse la plupart des entreprises à ne pas couvrir la biodiversité et la conservation des écosystèmes dans leurs rapports (63,9%) ;
  • Les impacts les plus problématiques sur la biodiversité sont ceux liés aux activités agricoles des produits de base (coton, huile de palme, soja) dont la production provoque des défis ayant des implications locales et mondiales de grande envergure ;
  • 53,8% des entreprises du secteur de l'énergie décrivent des risques liés à la biodiversité, les résultats les plus faibles étant observés pour l'hôtellerie et les loisirs (2,4%) et l'habillement et le textile (3,6%), en dépit de l'impact attendu de ces industries sur la durabilité des écosystèmes environnants.

Alors quel rôle peut jouer l'investisseur ici, alors que nous connaissons peu de choses des interactions existantes entre l'écosystème, les mouvements des espèces et les risques sanitaires ? Par principe de précaution, certainement allouer ses actifs à des entreprises investissant dans des solutions favorables à la biodiversité et les sensibiliser au travers de sa politique d'engagement.

Achevé de rédiger le 24/06/2020