Comment ont évolué les taux européens ces dernières semaines ?

Malgré les bonnes nouvelles sur le vaccin qui permettent de réduire les risques sur les perspectives de la croissance de long terme, les taux allemands, considérés comme valeur refuge, continuent d’évoluer sur des niveaux proches de leurs plus bas historiques. Les taux européens restent totalement sous l’influence des mesures de la BCE qui vient encore de renforcer son arsenal. En effet, lors de sa réunion du 10 décembre, elle a annoncé entre autres une hausse de 500 Mds du programme d’achats d’urgence pandémique pour le porter à 1850 Mds avec une extension à minima jusqu’en mars 2022, et des nouvelles opérations de TLTRO.

Comment ont réagi les taux des autres pays européens ?

Malgré les inquiétudes importantes concernant la validation du plan de relance européen avec les blocages de la Hongrie et la Pologne, les spreads des pays périphériques ont poursuivi leur baisse pour atteindre des points bas sur l’année 2020. A noter, le taux de rendement de la dette portugaise à 10 ans a récemment franchi le seuil symbolique de 0%, ce qui est une première pour un pays périphérique. Le faible risque de dégradation des notations souveraines dans les prochaines semaines, grâce à la présence de la BCE et à la validation du plan de relance européen, devrait continuer à soutenir les spreads périphériques contre Allemagne. Dans les fonds, nous restons donc surexposés sur les périphériques mais nous avons réduit une partie de cette surexposition compte tenu du parcours de resserrement déjà réalisé.

Quel a été le comportement du marché du Crédit Investment grade et High Yield ?

Les rendements des émetteurs privés aussi bien corporates que financiers ont continué de baisser, en particulier sur le segment High Yield. Nous continuons de surpondérer le crédit Investment Grade dans les fonds et avec les dernières nouvelles sur le vaccin, nous augmentons progressivement les corporates de secteurs cycliques et les financières subordonnées. Sur le High Yield, la hausse des taux de défaut plus faible que prévu, la réduction des risques sur les perspectives de croissance, la recherche de rendement de la part des investisseurs sont des éléments positifs pour la classe d’actifs qui devraient favoriser une poursuite du resserrement des spreads de crédit.

Faut-il s’inquiéter d’un retour de l’inflation ?

L’inflation en zone euro en 2021 devrait être plus élevée qu’en 2020 mais restera très modeste.  Les effets de base dus à la baisse du prix de l’énergie, de la baisse de la TVA en Allemagne et de la baisse des prix dans les secteurs fortement impactés par la crise sanitaire vont probablement maintenir l’inflation totale européenne en territoire négatif pendant les prochains mois. Une fois ces effets dissipés, l’inflation totale devrait pouvoir remonter graduellement vers 1% au cours du second semestre. Néanmoins, une remontée durable des anticipations d’inflation nécessitera de retrouver une tendance haussière sur l’inflation sous-jacente, ce qui semble difficile avant 2022, car nous allons continuer à subir les effets du choc désinflationniste provoqué par la crise sanitaire. Aux Etats-Unis, la situation est différente car l’impact désinflationniste de la crise est beaucoup moins important : l’inflation sous-jacente s’est établie au plus bas à 1.2% contre 0.2% en Zone euro. En 2021, avec les seuls effets de base, l’inflation totale américaine devrait dépasser les 2% dès le second trimestre. De plus, l’inflation devrait aussi être soutenue par le plan de relance qui va être mis en place par la nouvelle administration Biden, même avec un congrès américain divisé.


Achevé de rédiger le 11/12/2020