Que penser de la qualité des résultats du 1er trimestre 2021 aux États-Unis ?

Alors que Wall Street continue de tutoyer les sommets, les investisseurs espèrent trouver un nouveau soutien grâce à cette nouvelle saison de publication des résultats qui débute. Juste avant son coup d’envoi, le consensus d’analystes de FactSet anticipait une progression des bénéfices par action des sociétés de l’indice S&P 500 de près de 25% sur un an. C’est nettement mieux que ce qu’ils prévoyaient fin décembre (+ 16%). Mais, entretemps, l’horizon s’est éclairci sur le terrain macroéconomique. Les prévisions de croissance ont été revues en hausse aux Etats-Unis et au niveau mondial. Il est vrai qu’au premier trimestre 2020, la crise sanitaire frappait de plein fouet la Chine et affaiblissait sensiblement l’activité aux Etats-Unis et en Europe à partir du mois de mars. La base de comparaison du premier trimestre est donc basse, et les taux de croissance affichés seront logiquement exceptionnels. Sur les 22% des entreprises de l’indice S&P 500 ayant publié, 86% ont enregistré des résultats supérieurs aux attentes, selon le consensus d’analystes interrogés par FactSet. Les bénéfices sont désormais attendus en hausse de 33% pour ce premier trimestre par rapport à la même période l’an dernier, d’après les données de Refinitiv. Les grandes banques américaines ont d’ailleurs ouvert le bal des résultats trimestriels des entreprises, sur une note positive. Les principaux établissements financiers de Wall Street ont vu leurs profits trimestriels bondir. Les revenus de JPMorgan, Goldman Sachs, Wells Fargo, Citigroup, Bank of America et Morgan Stanley ont été soutenus par la relance économique américaine. Et ces banques ont aussi bénéficié de nombreux éléments non récurrents, comme la bonne tenue de leurs activités de marchés ainsi que la reprise de plusieurs milliards de dollars de provisions qu’elles avaient mis de côté pour faire face à des défaillances qui n’ont finalement pas eu lieu.

Vers un monde plus ouvert fin 2021 ? Quelle stratégie d’investissement adopter dans ce contexte ?

Un contexte économique porteur

Malgré l’épidémie malheureusement toujours présente, les investisseurs se projettent à moyen terme en espérant que les perspectives de l’économie mondiale au second semestre 2021 et surtout en 2022 seront bien meilleures. Ils sont d’autant plus confiants que les banques centrales ont soutenu immédiatement l’économie, et sont prêtes à remettre des centaines de milliards dans le système financier si besoin.

Continuer à acheter les creux de marché

Au demeurant, il faut reconnaître que nous observons de nouveau un alignement des planètes sur les marchés d’actions, n’en déplaise aux Cassandre. La croissance économique mondiale sera bien de retour en 2021. Le FMI vient de relever son estimation à 6%, contre un rythme de 5,5% attendu encore mi-janvier. Cette année, les Etats-Unis et la Chine devraient atteindre chacun un PIB supérieur à celui de 2019, c’est-à-dire avant la crise sanitaire. En Europe, il faudra attendre quelques mois de plus. Cette décorrélation n’est pas défavorable car cette situation limite les risques inflationnistes au niveau mondial. Les réformes fiscales de l’administration Biden seront probablement plus modérées que prévu car elles nécessiteront sans doute un accord bipartisan avec le parti  républicain.

Les investisseurs n’ont donc pas chaussé des lunettes roses, pas plus qu’on ne peut évoquer une bulle généralisée sur les marchés. Eventuellement, quelques petites bullettes ici ou là sur quelques titres isolés.

D’une part, certaines valeurs de croissance et notamment les leaders mondiaux du luxe et certaines medtechs, ont déjà dévoilé des résultats souvent impressionnants. D’autre part, certaines entreprises cycliques profitent de la reprise de l’activité industrielle et les banques américaines ont affiché des résultats bien meilleurs qu’attendus.

Cela confirme notre vue, sur la première partie de l’année, d’une stratégie plus équilibrée entre sociétés de croissance portées à moyen terme par les grandes tendances sociétales, et entreprises industrielles cycliques qui bénéficient à court terme de la reprise en cours.

En conclusion, nous continuons à conseiller depuis l’annonce du vaccin de Pfizer/BioNTech avec un taux d’efficacité élevé début novembre 2020, d’acheter les creux de marché. A ce stade, dans la mesure où les taux longs se normalisent progressivement sur les niveaux pre-covid, il reste sans doute de la marge pour aller plus haut tant que les marchés et les entreprises sont aidés par les plans de soutien des gouvernements et la politique monétaire accommodante des banques  centrales.

Achevé de rédiger le 25 avril 2021