Toutes les parties prenantes sont unanimes pour mentionner à quel point la crise sanitaire aura un impact majeur sur les comportements sociaux et sur l’avenir de nombreux secteurs d’activité.

La crise va-t-elle accélérer les transformations précédemment à l’œuvre au sein de certains secteurs d’activité en matière de « durabilité » ? Prenons l’exemple de l’hôtellerie dit secteur de l’hospitalité.

Très sensiblement touchés par la crise sanitaire et l’instauration des restrictions sur les voyages avec 1Md d’arrivées internationales en moins en 2020 (source OMT), soit une chute de 74%, les 100 à 120 millions d’emplois directs de l’industrie du tourisme mondial sont menacés.

Le secteur de l’hôtellerie fait rarement l’objet d’études car celui-ci cultive la discrétion en phase avec l’exigence d’une partie de sa clientèle et notamment sur ses engagements dans les démarches de développement durable. Il fait cependant actuellement face à une crise économique et sociale sans précédent et va devoir accélérer les transformations qui étaient déjà à l’œuvre dans le sillage d’une nouvelle forme de demande mondiale pour une nouvelle expérience.

Selon l’intéressante récente étude dirigée par David Foult du groupe Onepoint, les transformations suivantes vont s’accélérer avec la crise : l’économie collaborative type Airbnb (déjà 50% des utilisateurs l’utilisent pour remplacer l’hôtel traditionnel), les agences de voyage « online » spécialistes de la distribution, la gestion de la franchise (la non propriété des murs) avec la montée en puissance de la digitalisation pour l’expérience client, mais surtout et également une démarche sanitaire forte, déjà la règle dans certains pays d’Asie, et écologique ; en effet, 68% des touristes sont influencés par la démarche écologique et l’engagement des valeurs portées par les marques hôtelières, l’écotourisme ayant progressé de 30% contre 8% pour le tourisme traditionnel avant la crise.

Source : Deloitte

Au-delà des enjeux sanitaires où le groupe français Accor propose un service de télémédecine à ses clients, les groupes hôteliers prennent conscience de la dimension environnementale de leur activité : les déchets, souvent alimentaires, coûtent presque 100 milliards d’euros par an à l’industrie hôtellerie-restauration, et oscillent pour une cuisine entre 4 et 12% voire parfois 20% du coût global des achats alimentaires. De même la gestion du plastique nécessite une nouvelle philosophie d’usage ; le plastique se retrouve en effet dans toute la chaîne de valeur d’un hôtel : votre chambre (la bouteille d’eau en cadeau d’accueil et à usage unique), dans la salle à manger, la cuisine, la piscine., sans oublier les fournisseurs et les prestataires. La gestion de l’eau, de la lumière, du son, de la qualité de l’air et de la température, l’identification des problématiques bâtiments (impact climatique) sont source de réduction possible des dépenses et font maintenant appellent à la technologie dite « Smart Building » et à des logiciels.

Si une partie des groupes suit les recommandations du Greenhouse Gas protocol qui fournit les normes de comptabilisation des gaz à effet de serre les plus utilisées au monde, l’absence d’unité au sein du secteur dit de l’hospitalité minimise l’impact sur l’empreinte environnementale tandis qu’il est responsable de 5% des émissions de gaz à effet de serre...

Enfin l’hospitalité touche des sujets sociaux : après des mois d’activité très partielle, il va falloir remobiliser les équipes de cette industrie durement impactée par la crise tout en les préparant à ces changements indispensables en matière d’économie responsable. Le secteur doit relever ces défis « pour en faire un pilier structurant de son ADN ».

Achevé de rédiger le 08/02/2021

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