Quel bilan tirez-vous de l'année 2018 ?

Les valeurs de croissance ont largement surperformé les marchés jusqu'à fin septembre. Au dernier trimestre, le fonds a subi la correction violente sur le segment des valeurs de croissance. Nous avions anticipé un début de rotation, en réservant une position de trésorerie autour de 10%, que nous avons conservée jusqu'à la fin de l'année. Nous avons particulièrement profité des excès de décembre pour renforcer les sociétés du luxe, en particulier LVMH. En effet, le titre était retombé sur des niveaux de valorisation en dessous de ses pairs et de ses moyennes historiques, reflétant les craintes d'un ralentissement de la demande chinoise notamment. La publication des résultats annuels de LVMH, et de ses concurrents, ont démontré la force de la demande pour les produits de luxe en Chine continentale, tant en maroquinerie que pour les spiritueux. LVMH est de loin un leader mondial qui, par ses diversifications, devrait mieux résister que ses pairs plus « mono-marque ».

Quel est le positionnement actuel du portefeuille ?

Depuis le début de l'année, nous avons conservé notre position de trésorerie autour de 9%, craignant des phases de correction. Les secteurs des biens et services, de la consommation, suivis de près par les valeurs médias et technologies, ont été les plus forts contributeurs à la performance. Deux valeurs du top 10 y ont particulièrement contribué : Deutsche Post et LVMH. Enfin, dans le segment des ingrédients alimentaires, Chr. Hansen et Symrise ont rebondi de plus de 20% chacune. Pour mémoire, nous apprécions la thématique des ingrédients alimentaires, qui bénéficie de tendances structurelles dans l'industrie agro-alimentaire : plus de produits naturels dans les additifs, les saveurs et les colorants. Ce à quoi répondent ces deux sociétés, leur permettant de générer une croissance de plus de 5%, sensiblement au-dessus de la croissance de leurs principaux clients.

Dans le segment des valeurs technologiques, l'éditeur de logiciels SAP est la première ligne du fonds. La décote par rapport à ses pairs nous semble particulièrement injustifiée au regard de la croissance publiée et de la confirmation de la dynamique du Cloud, qui s'accompagne d'une stabilisation des marges, puis dans un futur proche, d'une amélioration. La récurrence de l'activité, accompagnée d'une croissance régulière, nous conforte dans notre position sur ce titre.

Teleperformance est aujourd'hui dans nos 10 premières valeurs. Ce n'est plus la société de call center des années 2000. Aujourd'hui, la France représente moins de 5% du chiffre d'affaires du groupe. Ils ont su prendre le virage technologique des chat-bot, de l'intelligence artificielle associée à l'humain. Leur dernière acquisition, Intelenet, leur permet de franchir les 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Les services spécialisés, comme entre autres les solutions de traduction, sont un accélérateur de la croissance du groupe.

Le top 10 est relativement stable sur le trimestre, avec la remontée de SAP, LVMH et Cap Gemini, au détriment de Chr. Hansen (prise partielle de bénéfices) et de Prudential.

Le Brexit cristallise les craintes des investisseurs, comment l'envisagez-vous dans le portefeuille ?

Le Brexit est un élément technique à prendre en compte. CM-CIC Europe Growth restera un fonds éligible au PEA, et il faudra donc s'adapter, le moment venu. Nous continuons à regarder toutes les valeurs sous l'angle de la croissance organique rentable, et le marché britannique n'est pas celui où nous avons identifié le plus de valeurs de croissance. Ainsi, l'exposition est sensiblement limitée, puisque le Royaume-Uni représente moins de 10% du portefeuille. Le risque de « hard Brexit » ne semble pas retenu par le marché, ce qui nous incite à la prudence. Ce sujet, ajouté aux scénarios de croissance économique revue à la baisse par la BCE, ainsi que la perspective des élections européennes, génèrent un climat d'incertitudes.

En conclusion, CM-CIC Europe Growth est résolument positionné sur des valeurs dont la croissance doit traverser les cycles, ce qui permet de prendre de la hauteur face aux incertitudes géopolitiques. Les valeurs de croissance sélectionnées sont plutôt des sociétés en B to B, présentes sur des niches de marché ou bénéficiant de tendances de long terme. Le contexte actuel nous conduit à plutôt nous renforcer sur les sociétés leaders, les grandes capitalisations boursières plus liquides et les titres à forte visibilité.

 

Achevé de rédiger le 22/03/2019