Pourquoi faut-il investir dans les sociétés aurifères plutôt que sur un ETF Or ?

Pour commencer, rappelons qu'un ETF Or réplique la performance du prix de l'or physique. C'est en fait de «l'or-papier» et possède donc les mêmes caractéristiques que l'or physique. Les principaux avantages des sociétés aurifères par rapport à l'or sont :

  • L'effet de levier que procure les sociétés grâce à la croissance de leur production ou de leurs réserves, leurs performances opérationnelles, leurs faibles valorisations.
  • Les sociétés aurifères offrent également, pour beaucoup d'entre-elles maintenant, une rémunération au travers du versement d'un dividende, ce que la détention d'or ou d'un ETF Or ne permet pas.

L'évolution du fonds suit-elle l'évolution du cours de l'or ?

Le fonds CM-CIC Global Gold est totalement investi en actions de sociétés productrices de métaux précieux, et principalement d'or (85 % actuellement). Par cette caractéristique principale, le fonds, comme les sociétés aurifères, a tendance à suivre, mais surtout à amplifier les mouvements du sous-jacent qu'est l'or, comme ce fut le cas l'année dernière, ou encore en ce début d'année.

Quels sont les drivers de ces différentes évolutions ?

Les principaux drivers de l'or sont de deux sortes :

  • Les drivers fondamentaux que sont l'offre, qui est très contrainte, et la demande qui progresse à nouveau, comme la demande de bijouterie (50 %), l'investissement (physique et papier) et la demande des banques centrales.
  • Les drivers financiers que sont l'évolution des taux d'intérêt réels (l'or étant un actif sans rendement, plus ces taux sont bas, plus le coût de détention d'or est faible), l'évolution du dollar américain (puisque c'est la devise d'échange et de détention d'or), les besoins de diversification des investisseurs en période de stress des marchés.

Comme ce sont des valeurs «d'actifs», les sociétés ont tendance à suivre l'évolution du sous-jacent. Mais d'autres éléments doivent être pris en compte. Les valorisations et les performances boursières des sociétés sont aussi liées à leurs résultats opérationnels, managériaux, mais aussi aux risques juridictionnels et sécuritaires des pays où elles opèrent. La performance du secteur est également liée à l'intérêt ou non des investisseurs sur cette thématique de diversification de portefeuille, et par conséquent des flux. L'impact peut être significatif, car même si ce marché est très liquide, la taille de celui-ci est réduite.

Quel bilan tirez-vous du début d'année 2019 ?

Concernant le sous-jacent qu'est l'or, les fondamentaux restent bons. La croissance de l'offre minière est faible, voire nulle, due au manque de nouveaux projets en développement qui fait suite à l'arrêt des investissements. De plus, les durées de vie des mines existantes se réduisent et les teneurs en or des gisements s'amenuisent également. Du côté de la demande, celle-ci est notamment soutenue par les achats des banques centrales (plus de 600 t en 2018). Mais la demande de bijouterie, notamment en Asie, redémarre également, ainsi que la demande d'investissement, notamment les lingots et pièces. Du côté des drivers financiers, nous pensons que l'affaiblissement des taux d'intérêt réels, passés de 1,15 % à moins de 0,6 %, a été un facteur de soutien important. À court terme, l'évolution du dollar américain (plutôt fort) pèse légèrement.

Les sociétés productrices de métaux précieux ont poursuivi le rebond commencé fin 2018. Le fonds CM-CIC Global Gold profite pleinement de la revalorisation des sociétés et progresse de 10,1 % au premier trimestre 2019, contre 8,7 % pour l'indice FT Gold Mines. Les bonnes publications de résultats opérationnels et de mise à jour des réserves ont permis au secteur de retrouver la confiance des investisseurs. Cependant, les sociétés qui n'ont pas délivré de bons résultats ont été sanctionnées, les investisseurs se montrant très sélectifs. Globalement, l'industrie génère aujourd'hui des free cash-flow positifs, et les investisseurs attendent un peu plus de retour à l'actionnaire. En moyenne, les «AISC» (coût totaux) sont inférieurs à 900 $ l'once.
Les producteurs de taille intermédiaire (250 Koz-750 Koz de production ; 1 à 5 mines) ont le mieux performé, à l'image de Kirkland Lake Gold ou d'Alamos Gold. C'est dans ce segment que nous trouverons un peu de croissance. Les sociétés opérant en Afrique de l'Ouest, comme Endeavour Mining, sont toujours pénalisées par le risque «pays».

Au cours de ce premier trimestre, les rapprochements de grande envergure se sont poursuivis, Newmont ayant fait une offre sur GoldCorp. Mais rapidement, Barrick Gold a fait une offre sur Newmont seul. Cependant, après négociation, les deux sociétés se sont entendues pour travailler ensemble sur les actifs qu'ils ont au Nevada, uniquement.
Nous pensons que des opérations de M&A devraient continuer à alimenter et soutenir le secteur au cours des prochains trimestres.

Quelles sont les perspectives ?

Pour les prochains mois, nous pensons que la tendance de l'or devrait être soutenue par ses fondamentaux et rester dans une bande de fluctuation légèrement haussière. Ceci n'empêchera pas la volatilité, due aux drivers financiers de court terme (taux ; USD ; appétence pour la thématique, besoin de diversification.).
Dans cette tendance, les sociétés qui continuent de remplir leurs objectifs opérationnels poursuivront leur revalorisation. Les entreprises ont également relancé leurs budgets d'exploration, mais de façon ciblée et mesurée. Nous pensons que les réserves devraient être ajustées à la hausse, ce qui aidera également la hausse des valorisations des sociétés.

 

Achevé de rédiger le 04/04/2019