Quel bilan tirez-vous de l'année 2019 ?

2019 a été un millésime extraordinaire pour les actions. Le revirement complet des banques centrales et les mesures de relance économique déployées en Chine ont permis aux indices actions d'enregistrer de fortes hausses. Dans ce contexte porteur, le fonds CM-CIC Global Leaders enregistre une performance de 30.5% avec une légère avance de 1.6% sur son indice de référence le MSCI AC Monde libellé en euros dividendes réinvestis.

Nous venons de fêter les 5 ans du fonds, quels sont selon vous les évènements marquants ?

Notre gestion se distingue par trois caractéristiques principales. Tout d'abord, nous remplissons notre objectif de gestion avec une performance de +65% sur la période 2015-19 qui se compare favorablement à celle de notre indice de référence à posteriori (+61.4%). D'autre part, notre thématique qui consiste à investir dans les entreprises de qualité dont la marque est moteur de la croissance bénéficiaire fonctionne. Prenons l'exemple de L'Oréal ; au 3ème trimestre, la marque a enregistré une croissance à structure et taux de change constant de +7.5%, c'est un record sur 10 ans pour ce leader mondial de la cosmétique. Enfin, notre construction de portefeuille très spécifique du fonds CM-CIC Global Leaders qui vise à obtenir une complémentarité de styles (53% marques établies à bilan fort, 40% marques montantes à croissance forte et 7.6 % de marques en renaissance) permet au fonds de se classer favorablement par rapport à sa catégorie, tant sur le critère de la performance que celui de la volatilité.

Comment abordez-vous 2020 ?

Nous abordons 2020 avec un optimisme vigilent. Le contexte de taux bas et de croissance mesurée est porteur mais nous ne pouvons compter ni sur l'impact bénéfique de l'expansion des multiples boursiers, ni sur celui des stimuli monétaires. Nous avons adopté un biais légèrement pro-cyclique au sein des marques établies en augmentant le poids de Nidec ou Michelin. Au sein des marques montantes, nous privilégions les leaders des pays émergents et les marques digitales ; le leader du soutien scolaire en Chine, Tal Education, est un bon exemple. Enfin, apportons-nous un poids croissant aux marques qui repensent leur mode de fonctionnement afin de répondre aux aspirations profondes des consommateurs en matière de modèle de consommation, de production et vivre ensemble plus responsable. Parties tard dans la bataille, les marques leaders ont conscience du risque de réputation auquel elles s'exposent et prennent des mesures; remplacement du CEO chez Nike après le scandale de dopage des athlètes, adaptation de la chaîne de production de Nestlé ou encore respect de la donnée privée chez Apple. Les leaders doivent s'adapter à ces nouveaux enjeux si elles veulent compter dans le monde de demain.

Quels exemples de conviction ?

Les leaders émergents comptent pour 12.6% de l'actif du fonds. Bien informée, éduquée et exigeante, la classe moyenne alimente la croissance des dragons digitaux (Tencent, Alibaba) et développe son épargne financière. En dépit de la crise de Hong-Kong, nous conservons donc Aia dans l'assurance. Au Brésil, nous investissons dans la marque de vêtements Lojas Renner dont le modèle s'apparente à celui d'Inditex mais connait une plus forte croissance (hausse des ventes de 15% et de 22% des BPA attendus en 2020). Après avoir rencontré le management d'American Express, nous avons investi dans cette marque américaine emblématique dont la valorisation actuelle (0.8x le PE du SP500) ne reflète pas l'accélération des revenus et résultats.

Achevé de rédiger le 20/01/2020