A la suite des annonces du gouvernement, le pays est reconfiné. Retrouvez notre analyse des marchés financiers datée du 29 octobre 2020 sur les gestions diversifiées, actions, opportunités et obligataires de Crédit Mutuel Asset Management.

1- Coté gestion diversifiée :

Nous attendons plus de volatilité dans les prochaines semaines sur les marchés boursiers en raison des risques sanitaires et politiques de plus en plus élevés.

Structurellement, les banques centrales vont continuer de soutenir l’économie mondiale en offrant : liquidité & taux bas tandis que les gouvernements vont davantage soutenir leurs entreprises locales. 

Néanmoins, sur le plan sanitaire, le retour du virus est inquiétant, nos dirigeants tentent d’y faire face en demandant de plus en plus d’efforts aux entreprises et aux populations. Ces répétitions d’arrêts d’activités risquent donc de provoquer la fermeture définitive des plus fragiles et limitent la croissance économique pour le moment. Une mobilisation internationale des scientifiques et des équipes de recherche est en cours : de nombreux résultats d’essais cliniques de traitement et de vaccin contre le virus Covid-19 sont attendus ces prochains mois

Sur le plan politique, c’est l’élection américaine qui est au cœur de notre attention. Les sondages donnent le candidat BIDEN en tête à ce stade mais l’évènement est tellement fort que certains investisseurs se retirent même des marchés boursiers. Sur le plan politique, c’est l’élection américaine qui est au cœur de notre attention. Les sondages donnent le candidat BIDEN en tête à ce stade mais l’évènement est tellement fort que certains investisseurs se retirent même des marchés boursiers.

Pour autant, nous préparons nos portefeuilles à l’une ou l’autre éventualité :

  • d’un côté, le projet BIDEN devrait favoriser les expositions actions Europe et Emergente contre les actions américaines avec moins de pression géopolitique exercée comparé à ce que TRUMP ne faisait. Il accentuera sans doute la baisse du dollar au regard du plan de relance envisagé.
  • du côté TRUMP, c’est l’inverse qui se dessine avec un marché américain plus soutenu contre les autres zones du monde et une stabilisation, voire une appréciation du dollar.

Dans ce contexte, nos allocations sont neutres face à nos indices de références tout en renforçant nos sources de protections via des macro-couvertures sur les taux américains et des investissements sur les devises refuges comme le Dollar et le Yen.

2- Sur les marchés actions :

L’année 2020 a été jusque-là très spécifique avec le comportement des composantes secteurs (technologie, banques etc.) ou facteurs (Value, Growth, Momentum.) poussés au-delà de ce que l’on avait l’habitude de connaître. Les écarts de valorisation et de performance en résultant ont permis de réaliser des performances soutenues suivant les styles ou thématiques. Les points d’accélération inattendus (deuxième vague de pandémie) ou planifiés (élections US) ont des impacts spécifiques sur chaque société cotée que les gérants ré-évaluent en permanence.

La deuxième vague de la pandémie, les impacts des élections américaines, l’évolution probable vers une fiscalité plus lourde et le retour des politiques budgétaires coordonnées avec le soutien des banques centrales sont cependant des accélérateurs à impact global sur le comportement des marchés. L’investissement vers l’industrie, les infrastructures, et un ciblage plus respectueux de l’environnement sont prévisibles. La digitalisation de l’économie et l’automation devraient encore s’accélérer comme on a pu le constater au premier semestre.

Les réactions à court terme des marchés ne présagent pas de la capacité des fonds gérés à performer sur les durées de placement recommandées.
Nous noterons que lors des 9 dernières élections américaines, dans 7 cas, les petites et moyennes valeurs, les sociétés décotées (value) et les valeurs très volatiles ont surperformé.

Concernant la pandémie, et surtout le confinement, nous avons connu la correction de marché la plus rapide jamais identifiée avec une perte maximum inférieure à celles connues lors des crises précédentes qui s’étalaient sur de longs mois.
La baisse a commencé le 20 Février et a connu son point bas après 35% de baisse le 23 Mars. Les marchés US et Européens de grandes valeurs étant synchronisés sur les dates initiales et finales, avec une accélération plus brutale en Europe avec quelques jours d’anticipation. La reconnaissance de la gravité de la situation et l’évolution des confinements n’étaient pourtant pas synchronisée. Pour rappel, les confinements italiens le 10 Mars et français le 17 mars arrivaient après une baisse déjà actée de -25%. L’adaptation des portefeuilles dans ces périodes a été forte comme en témoigne l’intensité des arbitrages titres réalisés. Un volant de liquidités entre 5% et 10% visait à ne pas avoir à déformer la stratégie de stock picking en fonction des mouvements de passif tout en continuant à pouvoir saisir les opportunités.

Plus que jamais la qualité des bilans et des business models est au cœur de nos recherches. L’environnement de taux bas et les perturbations économiques favorisent des restructurations industrielles qui animent la côte, des OPA et aussi des arbitrages d’actifs qui peuvent créer des redécouvertes. Les gagnants, quelle que soit leur taille, ne prendront pas tout mais ils continueront de concentrer l’attention des investisseurs et leurs poids dans nos univers de titres respectifs progressera. Leur capacité à croitre plus vite de manière pérenne, dans le respect des parties prenantes et de l’environnement, répond à nos critères de sélection privilégiés.

3- Pour la Gestion Opportunités :

Le contexte à moyen terme reste positif pour les actifs risqués. La conviction du pôle de Gestion Opportunités est qu’il sera possible de transformer incertitude en bons points d’entrée. La stratégie sera donc d’acheter les creux de marché sur les entreprises de qualité, positionnées sur les grandes tendances sociétales : Innovations technologiques (5G, Intelligence Artificielle, Cloud, Fibre, E-commerce...), Transition énergétique, Mobilité durable, Environnement, Progrès médical et Santé, Bien-être (Sport, Produits alimentaires plus sains...).

4- Sur les marchés obligataires :

La dégradation de la situation sanitaire en Europe, l’anticipation du choc économique consécutif aux mesures contraignantes prises par les différents gouvernements pour limiter la propagation du virus, les incertitudes politiques en amont des élections américaines et l’absence de consensus sur un nouveau stimulus budgétaire américain avant les élections, sont autant de facteurs ayant naturellement entrainé une hausse de l’aversion pour le risque et un repli vers les valeurs refuges sur les marchés obligataires souverains ces derniers jours.

Le taux 10 ans allemand est ainsi fortement reparti à la baisse et s’établit actuellement à -0.62% alors qu’il était à -0.40% à la rentrée de septembre. Les primes de risque des émetteurs privés de notation investissement et celles des émetteurs périphériques sont néanmoins restées assez stables. D’une part, la majorité des émetteurs a déjà sécurisé l’essentiel des besoins de financement pour 2020 et d’autre part, les achats des banques centrales au travers de leurs différents programmes d’achats d’actifs constituent des facteurs de rappel puissants en cas d’écartement des spreads. La Banque Centrale Européenne se tient par ailleurs prête à renforcer sa politique monétaire accommodante en cas de besoin.

Les segments obligataires plus risqués (dettes à haut rendement et dettes émergentes) démontrent également leur résilience avec un écartement des primes de risque restant, à ce stade, relativement limité.

En termes de gestion, nous conservons une exposition en sensibilité proche de celle des indices. En termes d’allocation géographique, nous maintenons une légère préférence pour les pays périphériques à l’exception de l’Italie, où nous préférons rester neutres. Sur le crédit, nous maintenons nos expositions sur les émetteurs privés aux bilans solides et opérant sur des secteurs moins impactés par l’épidémie, que nous avions progressivement renforcés ces derniers mois. Enfin, nous avons ces derniers jours mis en place une stratégie d’arbitrage au resserrement de l’écart de taux à 10 ans entre l’Allemagne et les Etats Unis. Nous pensons en effet que les taux américains pourraient surperformer les taux européens dans les prochaines semaines, à mesure que la crise sanitaire s’accentue outre-Atlantique.

Achevé de rédiger le 29 octobre 2020