Le plastique est utilisé dans de nombreuses applications et de nombreux secteurs comme l'emballage, l'automobile, la construction... entraînant une forte pollution de tous les écosystèmes.

Quelques chiffres (sources - Rapport “Breaking the Plastic Wave...by PEW and Systemiq) :

  • 40 % du plastique mondial se retrouve dans l’environnement
  • 11 Mt de déchets plastiques dans l’océan en 2016 dont 11 % de microplastique (poussière, granulés, microfibres.), 29 Mt attendus par an d’ici 2040
  • 21 % des plastiques sont recyclables mais seulement 15 % sont effectivement recyclés
  • Un temps de décomposition très long, allant de 450 ans à des milliers d'années...

Si l’on estime à 800 espèces marines touchées par cette pollution, les effets sur la santé humaine dus au cycle de production (extraction, additifs chimiques) et au recyclage (brûlage à ciel ouvert) sont connus. La chaîne de valeur a une empreinte carbone importante et dommageable sur l’environnement et la santé : les plastiques ne sont pas seulement problématiques en termes de gestion de fin de vie, la production de plastique vierge contribue largement au changement climatique, en générant suffisamment d'émissions à partir du moment où celles-ci quittent le sol sous forme de combustibles fossiles.

Il existe une voie crédible pour réduire de manière significative les fuites de plastique vers l'océan :

Source PEW - Les chiffres comprennent les macroplastiques et les microplastiques ; en millions de tonnes par an.

Si de nombreuses parties prenantes s’engagent à réduire la pollution vers l’océan d’ici 2040, les engagements actuels ne représentent qu’une réduction de 7% par rapport au scénario présent. Un changement de système est nécessaire afin d’orienter les investissements vers de nouvelles technologies (nouveaux matériaux, papier, verre, compostable, systèmes de collecte dans les pays à revenu faible et dans les zones urbaines, systèmes de consigne) en dépit de coûts de gestion totaux estimés entre 2021 et 2040 à 600 Mds$ pour favoriser une économie circulaire et réduire les risques futurs. Cela nécessite de s’attaquer aux cadres réglementaires, aux modèles commerciaux et aux mécanismes de financement pour éviter notamment les exportations des déchets vers les pays fragiles, à faible taux de collecte.

Le risque réglementaire est important sur certaines multinationales : taxe « pollueur/payeur » ou actifs immobilisés/stranded assets. Si de nombreuses multinationales ne communiquent pas de données vérifiées de manière indépendante et manquent systématiquement leurs propres objectifs, un récent rapport de la fondation Changing Markets a permis de mettre en avant que celles-ci rejettent la responsabilité de la pollution liée au plastique sur les consommateurs et qu’elles travaillent par le biais d’organisations commerciales pour affaiblir et retarder la mise en œuvre des nouvelles directives adoptées notamment en 2019 par l’Europe. Sur la base des chiffres communiqués par les entreprises, cinq des huit plus gros producteurs d’emballages plastiques au monde sont des multinationales agroalimentaires américaines, les européens occupant respectivement les 3èmes et 4èmes places.

Et pourtant selon l’agence Kantar, l'impact du plastique sur l'environnement a retenu l'attention des consommateurs dans le monde entier, les déchets plastiques se classant en 2ème position, après le changement climatique, parmi leurs principales préoccupations ; 48% des consommateurs déclarent envisager d'éviter un détaillant si celui-ci ne cherchait pas à réduire les emballages plastiques non recyclables.

Les produits plastiques sont conçus mondialement pour de la vente sans finalité aucune sur la durabilité et la problématique de fin de vie. S’attaquer à cette problématique revient à traiter les objectifs de Développement Durable des Nations Unis : environnement, climat, vie terrestre et aquatique, pauvreté, santé, emploi...

Achevé de rédiger le 18/11/2020

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