Il y a maintenant plus d'un mois et demi que l'épidémie du Covid-19 a commencé de capter l'attention du monde entier. Au-delà de la crise sanitaire, l'impact sur les places financières est très important avec des chutes de plus de 30 % sur l'ensemble des places de la planète.

Il nous est apparu intéressant de faire l'analyse de la semaine du 16 au 20 mars avec Christophe Besson (Directeur de la gestion actions), semaine atypique par rapport aux précédentes, dans l'univers très agité que nous vivons en ce moment.

Christophe, les marchés européens abandonnent moins de 2 % cette semaine, un atterrissage moins turbulent que prévu.

Christophe Besson : Oui. Je vois 3 raisons majeures à ce phénomène :

Les volatilités ont arrêté de se tendre tout en restant sur des niveaux exceptionnels de 66 %,

Les spreads italiens (écart entre les taux italiens et allemands) sont revenus à de plus justes proportions, laissant espérer un essoufflement des ventes massives,

Et les taux longs redonnent de la stabilité.

Certaines sociétés semblent moins protégées que d'autres ?

Christophe Besson : Oui, les petites valeurs ont été très affectées la semaine dernière, abandonnant 14 % en Angleterre et de l'ordre de 5 % en zone euro. Les sociétés à caractère Value (valeurs décotées) ne sont pas protégées par leur faible valorisation avec un recul moyen de 3,6 % alors que les valeurs Growth (de croissance) sont à l'équilibre. Depuis le début de l'année, l'écart s'est poursuivi : les valeurs de croissance sont en baisse de 22 % contre 36 % pour les valeurs décotées.

Quels sont les secteurs qui résistent bien ?

Christophe Besson : Les secteurs qui résistent bien : les télécommunications, en hausse de 8,3 % (Orange +15 %, Telefonica +13 %) et l'alimentation et la santé qui progressent de 3,5 %. Les plus fortes baisses reviennent aux transports, l'assurance et l'automobile (Fiat Chrysler -26 %, VW -15 %) qui cèdent entre 8 % et 11 %.

Depuis un mois, 5 secteurs ont corrigé de plus de 40 % : le pétrole, l'automobile, la construction, les banques et l'assurance. Les secteurs ayant corrigé de moins de 25 % sont la consommation, la distribution, les télécommunications et la santé.

Quelles évolutions peut-on envisager ?

Christophe Besson :Les sociétés solides financièrement devraient mieux affronter le stress du cycle d'exploitation. Les dividendes des sociétés européennes, tels qu'ils sont encore prévus, assureraient un rendement de 5,2 %. La politique de distribution restera un indicateur de la confiance des dirigeants, sur l'avenir de leur société et la capacité financière de court terme. Gageons qu'une correction de 30 % des versements de dividendes advienne.

Sur les niveaux actuels, cela laisserait encore un rendement de l'ordre de 3,6 %. Cela reste crédible surtout si l'on se concentre sur des sociétés de qualité, et rassurantes pour oser s'exposer aux marchés actions sur la bonne durée de placement habituellement recommandée.